L’heure est est venue pour moi de rendre mon tablier. Non, je ne suis pas un cinéphile. Je ne fais pas partie de l’élite qui dévore la filmographie de Terrence Malick. J’ai un mal fou à comprendre le sens de certains films, et c’est bien souvent ceux qui sont récompensés aux festivals.
Aujourd’hui, j’ai encore dû faire face à mes démons. Deux heures durant, j’ai regardé la trotteuse tourner, j’ai eu des chaleurs, je me suis agacé, j’en ai terminé très irrité, chafouin au possible.
Voici la synopsis proposée par Allociné : De l’aube à la nuit, quelques heures dans l’existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille… M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier – mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l’immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l’action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?
Ne trouvez-vous pas que les points d’interrogation se font trop présent dans cette synopsis ? Figurez-vous que les questions dont on espère les réponses en découvrant le film restent vaines.
Non, je n’ai rien pigé.
Cette succession de scènes sans sens, d’incarnation de personnages que tout oppose. Pourquoi ? Pour qui ? Je m’arrête là, je ne voudrais pas jeter d’autres questions dans le ravin.
Non, je n’ai pas compris cette scène de baise habillée entre deux contorsionnistes armés de capteurs pour Motion Capture. Des gémissements qui semble t-il, font office de préliminaires, puis des corps qui se dandinent face à face avant de brûler d’amour. Non, je n’ai pas compris ce que mijotait cet homme de néandertal à trimbaler Eva Mendes dans les catacombes du Père Lachaise jusqu’à lui concocter un niqab. Que cherche le réalisateur ?
En tout et pour compte, seule la scène d’orchestre m’a plu, cette petite troupe toute joyeuse avec Bertrand Cantat en harmoniciste. Puis ? Puis c’est reparti pour les autres scènes n’ayant pour seules transitions qu’une métamorphose dans une limousine. A l’image d’un clown triste se préparant face miroir avant son show, Denis Lavant est évidemment très bon dans cette liste de personnages longue comme le troisième bras de Rocco Siffredi.
Il n’est pas rare que les portes claquent pendant les séances de ce genre de film. Ce fût le cas. Et lorsque les spectateurs restent assis sur leurs sièges, c’est uniquement dans l’espoir d’obtenir le fin mot de l’histoire, de savoir où le réalisateur veut en venir…
D’aucuns affirment que ce film est un chef d’oeuvre qui dialogue sur le cinéma en jonglant entre les personnages. D’autres, comme moi en ont marre de voir ce genre de sombre histoire de transformismes et de limousines qui parlent, de concubinage avec des chimpanzés ornés de chants de Kylie Minogue débarqués de nulle part.
ô cinéphile, je ne suis plus…



